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Comment lutter contre la pollution de l’air pour réduire les effets nocifs sur la santé ?

Publié le 08 juillet 2019

Une étude menée par des chercheurs de l’Inserm et du CNRS définit les valeurs de particules fines à atteindre pour diminuer d’au moins un tiers le nombre de décès imputables à la pollution de l’air.

Deuxième cause de mortalité évitable, derrière le tabac

Les émissions de particules fines présentent un risque sanitaire majeur, favorisant l’apparition de maladies respiratoires et de pathologies cardio-vasculaires qui causent chaque année le décès de 48.000 personnes* en France. Cette étude, conduite également par des chercheurs de l’Inra, d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes et de l’Université Grenoble Alpes, base ses prospectives sur l’analyse de plusieurs scénarios théoriques, transposés dans les agglomérations de Grenoble et de Lyon, afin d’estimer les seuils à viser pour protéger la population des conséquences de cette pollution.

 « Dans cette étude, nous avons établi qu’une diminution de 3 µg/m3 des niveaux moyens de particules fines permet de diminuer d’un tiers la mortalité attribuable aux particules fines, et de gagner trois mois d’espérance de vie », explique le chercheur Rémy Slama, qui a dirigé l’équipe grenobloise ayant travaillé sur l’étude, dans un entretien accordé au magazine La Recherche.

Derrière ce travail, l’ambition pour les équipes mobilisées est de participer à la définition d’objectifs probants d’amélioration de la qualité de l’air afin d’alimenter les plans gouvernementaux de lutte contre la pollution atmosphérique.

Les chercheurs dénoncent en effet des politiques publiques souvent décidées sans objectif sanitaire précis, au profit d’objectifs purement quantifiables en matière de niveau de pollution, démarche qui complexifie bien souvent l’atteinte des bénéfices pour la santé.

Et tout cela a un prix. Selon les économistes du CNRS, le coût de la pollution de l’air en milieu urbain dans les deux agglomérations étudiées atteint 1.200 euros par habitant en moyenne chaque année, un coût comprenant notamment les frais médicaux, mais aussi ceux inhérents à la baisse de la qualité de vie provoquée par la pollution.

Des actions à mener à l’échelle locale

Pour favoriser cette baisse des émissions de particules fines, plusieurs pistes de réflexion sont envisagées, notamment à la maille locale. « À Grenoble, le chauffage au bois avec des poêles anciens et peu performants est un problème au niveau des émissions de particules. Il y a aussi le trafic routier, les industries, parfois l’agriculture… Ce qui est sûr, c’est qu’une fraction non négligeable des particules fines est émise localement et donc qu’une part de la solution peut aussi être trouvée localement », préconise Rémy Slama.

Aujourd’hui, les conclusions de cette étude peuvent servir de base à la définition d’actions concrètes à mener sur ces principales sources de pollution que sont le chauffage ou encore le trafic routier, qui permettront d’atteindre la diminution des concentrations de particules requises pour avoir un impact significatif sur la santé.

>> Pour consulter l’étude, cliquez ici.

*Source : Santé publique France

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