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À quoi ressemblera la ville de demain ?

Publié le 29 avril 2017

Selon l’INSEE, 77,4 % de la population française habite en ville. Ce chiffre est en augmentation de 25 % en 50 ans. Une nouvelle approche de l’urbanisme s’impose donc pour répondre au défi de la pression démographique. José Caire, Directeur Villes et Territoires Durables à l’Ademe*, répond à nos questions sur ce que sera la ville de demain.

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José Caire, Directeur Villes et Territoires Durables à l’Ademe

Association Promotelec : Qu’est-ce qu’une ville durable ?

José Caire : Une ville durable est une ville qui favorise la cohésion sociale, la solidarité et l’épanouissement de ses habitants, avec une production et une consommation responsables, tout en préservant le climat et les ressources.

Quelles sont les ressources clés ?

J.C. : Les deux ressources clés sont l’énergie et l’espace. L’espace est une ressource non renouvelable : la ville consomme de l’espace qu’on ne retrouvera pas. Les parcelles des maisons individuelles en France mesurent en moyenne 1 000 m2. Il y a de quoi y construire d’autres logements. Économiser ainsi l’espace a de multiples vertus puisqu’il est déjà viabilisé : les voiries, l’eau, l’électricité, l’assainissement sont déjà présents. Le coût collectif d’aménagement et d’entretien s’en trouve considérablement réduit.

Une ville économe en espace devient aussi une ville économe en énergie de déplacement, en évitant les trajets longs, en construisant et en densifiant plutôt près des gares et des lignes de transports en commun. Avec des bénéfices importants sur la qualité de l’air ambiant.

Comment cela se décline-t-il au niveau des quartiers ?

J. C. : L’approche combinée des fonctions urbaines (logement, travail, commerce, loisirs, culture…) et des flux (transports, énergie, eau, déchets…) se décline dans les éco-quartiers, qui tentent de les organiser pour répondre à l’ensemble des enjeux et contribuer à améliorer la qualité de vie.

Les chiffres de l’étude du Crédoc pour l’Observatoire Promotelec du confort dans l’habitat(1) montrent que 21 % des propriétaires connaissent un éco-quartier et que 31 % seraient intéressés d’emménager dans un éco-quartier. Que pensez-vous de ces résultats ?

J. C. : Ce n’est pas si mal, en termes de notoriété. Le concept d’éco-quartier n’est pas très ancien, il n’a que quelques années. Près de 400 projets ont concouru pour le palmarès 2011 des éco-quartiers, ils se situent pour un tiers dans les pôles urbains et pour la moitié dans les villes moyennes. En milieu rural, c’est plus difficile, car on est moins connecté aux services, en particulier les transports en commun, et le lotissement traditionnel n’est clairement pas un éco-quartier. Pour mieux les faire connaître, il faut bien sûr continuer à faire des éco-quartiers, en neuf ou en rénovation.

Ce sont les jeunes générations, en particulier les urbains (à 40 %) qui sont les plus attirés par l’urbanisme durable. Comment l’expliquez-vous ?

J. C. : Il y a probablement des habitudes qui sont reliées à des modes de vie plus jeunes. Je pense notamment à un sujet comme l’utilisation des transports en commun. On constate que le rêve de possession de la voiture individuelle a beaucoup diminué chez les jeunes générations, pour lesquelles la mobilité passe beaucoup par le smartphone. Il permet par exemple d’accéder facilement à de nouveaux services à la mobilité, notamment aux offres de covoiturage. Ces sujets sont promus dans le cadre des éco-quartiers au titre des expérimentations ou des innovations en termes de mobilité, donc il n’est pas très étonnant qu’ils rencontrent plutôt un public jeune.

Qui est le mieux placé pour sensibiliser les Français à l’habitat durable ?

J. C. : La sensibilisation passe par de nombreux canaux : éducation, associations, médias, politiques publiques, collectivités... L’Ademe y apporte sa contribution. Au stade de la réalisation, le premier contact des particuliers, ce sont souvent les professionnels, qui constituent un point d’entrée essentiel. Pour l’Ademe, la rénovation des bâtiments est le point clé, avec le Plan de rénovation énergétique de l’habitat lancé par le gouvernement. Sur ce chantier, les intervenants principaux sont les artisans et les PME. Pour y répondre, il est nécessaire que les professionnels puissent disposer d’une bonne culture du sujet du bâtiment performant, et des qualifications solides qui leur permettent d’exercer leur métier avec de très bons résultats. La capacité à faire une offre globale, ou à se regrouper avec d’autres corps d’état, en tout cas à faciliter le travail des maîtres d’ouvrage par une intervention coordonnée, est également très importante.
Côté technique, la ventilation est un sujet sensible, devenu primordial avec la RT 2012. C’est un métier un peu orphelin aujourd’hui. Parfois, c’est le plaquiste qui l’installe, parfois l’électricien ou le plombier. Il y aurait sans doute besoin de structuration et d’organisation de ce métier. Promotelec peut y contribuer.

*Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie.
(1) Enquête "Habitants, habitats et modes de vie" réalisée par le Crédoc pour l’Observatoire Promotelec du confort dans l’habitat, auprès de 1095 ménages représentatifs des ménages propriétaires occupants, juillet 2013.

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