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Logement social : de la pédagogie aux économies avec le programme BEPOS

Publié le 13 avril 2017

Un programme BEPOS construit par le bailleur social Nantes Habitat a associé la recherche de la performance et du confort à une réflexion sur les usages. L’opération s’est déclinée en quatre temps : construction des deux bâtiments équipés d’une forte technicité, éducation et accompagnement des locataires, mesure et analyse des usages réels. Une démarche innovante et riche d’enseignements, récompensée par un Trophée Promotelec.

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Lieu : Nantes

Département : Loire-Atlantique

Enjeu : Habitat économe

Thématique : Sensibilisation aux économies d'énergie

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Les économies d’énergie d’aujourd’hui et de demain se feront en lien avec les comportements des occupants. Le bailleur social Nantes Habitat l’a bien compris. Dans le Val de Chézine, il accompagne les locataires de 30 logements construits en 2014 pour qu’ils développent une bonne compréhension des équipements installés et adaptent leurs usages à la technicité offerte.

Le programme a bénéficié d’innovations techniques qui préfigurent les futurs standards thermiques prévus à l’horizon 2020. Les performances énergétiques prévues lors de la construction se sont révélées inférieures de 10 % aux obligations du Label Promotelec Performance, mention BBC-Effinergie, qui a certifié l’opération. L’enveloppe du bâti est fortement isolée et étanche (voile béton avec doublage polystyrène et murs à ossature bois remplis de laine minérale). Sa haute performance a permis de réduire au maximum les besoins de chauffage des locataires. Une solution tout électrique a été choisie : des panneaux rayonnants à thermostats intégrés. Le fonctionnement des appareils est piloté par détection de présence : une sonde de mouvement réduit le chauffage en cas d’absence prolongée et l’interrompt en cas d’ouverture des fenêtres.

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La résidence Le Grand Carcouët, à Nantes, est équipée en toiture de capteurs solaires non vitrés à basse température pour la production d’eau chaude sanitaire collective.

Chaque logement est équipé d’un gestionnaire de chauffage permettant l’affichage des différents usages requis par la RT 2012, ainsi que la ventilation et les équipements en veille. Le fabricant, Hager, a édité une notice simplifiée pour présenter les principales fonctionnalités aux occupants et leur expliquer comment réagir en cas d’anomalie. Il a également organisé des réunions de formation des équipes de Nantes Habitat qui interviennent auprès des locataires.

Une programmation centrale complète ce dispositif, qui permet d’abaisser les températures suivant les scénarios d’occupation, sur une ou plusieurs zones du logement. Des sondes de température sont disposées à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. Enfin, un délesteur de puissance agissant sur trois voies de chauffage adosse l’installation électrique.

Des retours contrastés après analyse

Les données de consommation sont transmises au bureau d’études en charge de leur analyse par le portail web Hager Energy. Il offre l’avantage de permettre une analyse fine des deux bâtiments et des consommations au sein de chaque logement.

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Le portail web Hager Energy permet au bureau d’études de suivre à distance le détail des consommations énergétiques de chaque bâtiment et de chaque logement

À l’issue de la première année de service des bâtiments, l’analyse de ces données s’est avérée surprenante : un écart de 38 % sur le bâtiment A et de 33 % sur le bâtiment B a été constaté entre le calcul conventionnel et la mesure réelle de chauffage(1). Plusieurs facteurs ont permis de comprendre ce décalage. Dans 7 logements, les locataires ont consommé plus de chauffage que l’étude thermique ne l’avait estimée. Nantes Habitat les a rencontrés pour comprendre les raisons de cette surchauffe. Il apparaît que certains d’entre eux occupaient le logement de manière discontinue, sans avoir régulé le chauffage en leur absence.

L’instrumentation des consommations a également fait apparaître le "vol de calories" entre certains logements. « C’est assez classique dans les logements collectifs, explique Luc Stéphan, directeur innovation de Nantes Habitat. Certains locataires surchauffent leur logement et, de fait, ceux situés au-dessus n’ont pas besoin de chauffer. Mais ce phénomène est accentué dans ce bâtiment en raison de son inertie importante liée à sa forte isolation ».

L’effet rebond s’ajoute à ces constats : les consommations estimées sont faibles, ce qui amène certains locataires à augmenter le thermostat pour plus de confort. Enfin, les loggias n’ont pas joué leur rôle. Installées dans chaque appartement, elles devaient permettre de capter un maximum d’apports solaires gratuits et ne pas être chauffées. Quelques locataires les ont utilisées comme une pièce normale, chauffant davantage pour qu’elles soient confortables malgré l’information qui leur avait été donnée à ce sujet.

Tout n’est cependant pas négatif. À part les comportements en matière de chauffage, aucun autre dysfonctionnement n’a été constaté… Au contraire : « Nous enregistrons moins de consommations que prévu sur l’éclairage et l’eau chaude sanitaire », reprend Luc Stéphan. Le confort d’été fonctionne bien. Il est très apprécié des occupants. La ventilation simple flux Hygro B basse consommation, elle aussi, joue bien son rôle.

Cet hiver, Nantes Habitat continue de recueillir et d’analyser les données, certains progrès restant à faire dans plusieurs logements dont la consommation énergétique reste supérieure à la moyenne. Mais au global, les factures énergétiques des locataires sont aujourd’hui trois fois inférieures à celles de la plupart des autres programmes du bailleur social.

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Chaque logement est équipé d’un gestionnaire de chauffage qui affiche les différents usages requis par la RT 2012

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Des brise-soleil de 1,20 m de long, installés sur la façade sud du bâtiment, participent au confort thermique de chaque logement.

(1) Le calcul conventionnel se base sur des scénarios prévoyant des niveaux de température pouvant différer de la réalité. En complément du calcul réglementaire, il peut être intéressant de procéder à une simulation thermique dynamique en phase conception, permettant l’utilisation de scénarios personnalisés plus proches des usages réels des occupants (les enseignements de cette expérimentation permettront la réalisation de ces scénarios personnalisés).

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